Communiqué LDH
Suite à la mobilisation des associations opposées au nouvel hommage annoncé pour le 7 juin au monument de Perpignan à la gloire des assassins de l’OAS, le préfet des Pyrenées-Orientales a pris, le 5 juin, la mesure d’interdiction qu’elles demandaient.
C’est un succès pour le collectif de Perpignan pour un centre de documentation sur l’histoire franco-algerienne ainsi que pour toutes les associations nationales qui ont soutenu ses demandes :
pour le déplacement dans un lieu privé du monument aux fusillés de l’OAS installé dans le cimetière de la ville ;
pour un centre de documentation sur la guerre d’Algérie confié aux historiens et non un centre municipal confié à un groupe mémoriel, le Cercle algérianiste, attaché à montrer la « colonisation positive » ;
pour la mémoire de toutes les victimes de cette guerre et non une mémoire unilatérale et sélective, comme le fait le « Mur des disparus » érigé par la municipalité en novembre 2007 en présence du ministre des anciens combattants Alain Marleix.
Ce succès encourage les défenseurs des droits de l’Homme et à persister dans leur demande de reconnaissance et de vérité sur cette page d’histoire et dans leur opposition aux lobbies qui veulent réhabiliter la colonisation. Ceux-ci obtiennent au sein de la majorité présidentielle des soutiens scandaleux. Ainsi, la députée-maire d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains-Masini, envisage la possibilité de donner à une rue de la ville le nom de Jean-Marie Bstien-Thiry, condamné pour avoir tenté d’assassiner le président de la République, le général De Gaulle, le 22 août 1962, au Petit-Clamart : « Personnellement, je n’ai rien contre. Après tout, on ne peut pas lui reprocher de mauvaises actions. Il a simplement agi selon ses convictions » (L’Express, 21 mai 2008).
Cette réhabilitation de terroristes qui ont combattu les institutions de la République est inacceptable.
La Ligue des droits de l’Homme demande :
l’interdiction des ravivages de la flamme à l’Arc de triomphe par des associations qui cherchent, au prétexte du sort tragique des victimes de tirs de l’armée française le 26 mars 1962, rue d’Isly à Alger, à réhabiliter l’OAS ;
l’abandon officiel de la promesse du candidat Nicolas Sarkozy en 2007 que ces victimes soient déclarées « morts pour la France » ;
la renonciation officielle à la mise en place d’une Fondation sur l’histoire de la guerre d’Algérie dans le cadre de la loi du 23 février 2005 qui cherchait à montrer la « colonisation positive » ;
l’abandon de tous les autres projets de musées ou mémoriaux qui instrumentaliseraient l’histoire ;
l’encouragement, au contraire, du travail autonome des historiens, en lien avec leurs collègues des pays anciennement colonisés et dans une perspective internationale.
Paris, le 6 juin 2008