
PREMIERS SIGNATAIRES :
Stéphane HESSEL, ancien Ambassadeur
Albert JACQUARD, Professeur émérite aux Universités
Michel TUBIANA, Président dhonneur de la LDH
Jean-Pierre DUBOIS, Président de la LDH
Comité des Familles des Réfugiés Italiens
Vous trouverez ci-dessous l’appel au soutien de Marina Petrella.
Pour signer cet appel, cliquez sur le lien suivant : http://www.paroledonnee.info/
Pour information, un rassemblement est organisé le vendredi 7 septembre à 9h00 devant la chambre d’instruction de la Cour d’appel du palais de justice de Versailles lors de l’audience pour la mise en liberté provisoire de Marina Petrella.
APPEL AU SOUTIEN DE MARINA PETRELLA
Dès 1981, tout juste après sa victoire aux élections présidentielles, le nouveau Président de la République François MITTERRAND affirme sa volonté d’accorder asile aux italiens engagés dans la lutte armée pour autant qu’ils renoncent à toute forme de violence.
Faisant foi à cette promesse, quelques centaines de militants italiens traqués par les autorités de leur pays sexilent dans lHexagone. Ce sont des gens ayant pratiqué ou côtoyé la lutte armée ; il sagit de vaincus inculpés, puis lourdement condamnés, dans le cadre datteinte à la personnalité et sûreté de lEtat. Pour le code pénal italien, les faits poursuivis sont donc politiquement qualifiés.
Le 20 avril 1985, en réponse aux insistantes pressions italiennes, le chef de lEtat, lors du 65e congrès de la Ligue des droits de l’homme, prononce ces paroles : « J’ai dit au gouvernement italien que ces trois cents Italiens qui ont participé à l’action terroriste en Italie depuis de nombreuses années ont rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s’étaient engagés étaient à l’abri de toute sanction par voie d’extradition... ».
On peut être daccord ou pas, mais ces mots qui engagent la République Française sont non-équivoques : il y a bien assurance dasile en pleine connaissance de la gravité de faits couverts ; ces faits graves sont bien de nature politique ; cet asile est un et indivisible, erga omnes, sans dérogation ; il ne peut y avoir extradition que s’il y a reprise de l’action terroriste.
Treize ans plus tard, le 4 mars 1998, le Premier Ministre Lionel Jospin reprend cette position, dans une lettre adressée aux Avocats des réfugiés rendue publique, en ces termes : « mon gouvernement n’a pas l’intention de modifier l’attitude qui a été celle de la France jusqu’à présent. Cest pourquoi il na fait et ne fera droit à aucune demande dextradition dun des ressortissants italiens qui sont venus chez nous dans les conditions que jai précédemment rappelées »
Ces décisions politiques, médiatisées sous létiquette de doctrine Mitterrand, comportent les effets que tout le monde connaît : régularisation administrative de tous ces italiens, formation de familles, naissance denfants, intégration au grand jour dans la société française. Des effets qui, selon nous, tout en nétant pas des droits formels, renvoient cependant au concept de droits acquis du fait de leur source politique et de leur maintien, toute couleur politique confondue, dans le temps. C’est-à-dire quils ne peuvent être piétinés sans fautes vérifiées de la part des bénéficiaires.
Pourtant cest ce qui arrive brutalement en août 2002 avec lextradition de Paolo Persichetti et en 2004 avec laffaire Battisti, quand le Gouvernement utilise hypocritement lémotion suscitée par lattaque des Twin Towers pour renier la parole de la France. Les arguments sécuritaires allégués sont faux (depuis un quart de siècle, les réfugiés italiens vivent paisiblement sur le territoire français et ne représentent aucun danger), anachroniques (on apprécie soudainement les agissements dune époque révolue, et par là figée dans son passée, avec le regard et les craintes du contexte actuel) ou affectifs (la légitime douleur des victimes et de leurs familles instrumentalisée pour réclamer une punition sans fin), mais que veut-on ? L« air du temps » est ainsi fait, nen déplaise à la raison et aux contraintes morales. Aujourdhui cest au tour de Marina PETRELLA den faire les frais.
Cependant, nous ne voulons plus de cette logique perverse qui poursuit toute violence politique, même vieille de trente ans, comme impardonnable mal absolu, de ce choix des gouvernements français et italien qui, lun méprisant les engagements pris par son Pays et lautre la nécessité de dépasser ses malheurs dantan par voie damnistie, traquent Marina PETRELLA comme une coupable de crime imprescriptible contre lhumanité.
Cest pourquoi nous demandons aux autorités françaises de respecter la parole donnée par la France, aux autorités italiennes de clore par une mesure politique adéquate ses « années de plomb », aux juges désormais chargés d’émettre un avis sur lextradition de Marina PETRELLA dintégrer dans leur appréciation tous les éléments politiques et humains qui justifient incontestablement son maintien en France.
Comité de soutien à Marina Petrella, menacée d’extradition
présidé par Jacques Maury, ancien Président de la Fédération Protestante et de la Cimade
Ligue des droits de lHomme -138 rue Marcadet 75018 Paris - Tel : 01 56 55 51 00
PREMIERS SIGNATAIRES :
Stéphane HESSEL, ancien Ambassadeur
Albert JACQUARD, Professeur émérite aux Universités
Michel TUBIANA, Président dhonneur de la LDH
Jean-Pierre DUBOIS, Président de la LDH
Comité des Familles des Réfugiés Italiens
Pour signer la pétition, cliquez sur le lien suivant :