
Quelle que soit « l’étincelle », celle-ci n’aurait jamais déclenché l’explosion du 21 septembre 2001 si le stockage des ammonitrates avait été fait dans de bonnes conditions, et si la gestion des rebus de production avait été faite de façon plus rigoureuse. Suivant les injonctions des avocats de Total, l’instruction consacre beaucoup de temps et d’énergie à investiguer sur la recherche de l’étincelle, et les scénarios de déclenchement de l’explosion dont certains sont parfaitement fantaisistes. Par contre depuis plus de trois ans, le juge évite soigneusement d’établir quelle était la réalité des conditions d’exploitation de ce site industriel, en quoi ces conditions d’exploitation ont pu contribuer à la constitution de la bombe chimique qui a explosé le 21 septembre, et, si ces conditions d’exploitation sont mises en cause, quelles sont les responsabilités. Ce sont les questions que pose ce sinistré à travers sa plainte pour mise en danger d’autrui.
Le juge d’instruction décide qu’il n’y a pas lieu d’instruire. La justice, à travers lui, décide que la question qui hante tous les toulousains depuis plus de trois ans ne sera pas posée ! A en croire le juge d’instruction, les 30 personnes décédées et les milliers de personnes blessées ou traumatisées à jamais, et avec eux tous les toulousains de la zone sinistrée n’étaient pas en danger depuis des décennies ! Il n’y aurait donc pas lieu d’enquêter pour mettre à jour les mécanismes qui ont contribué à cette mise en danger ! Ce silence de la justice est inadmissible. Evidemment le plaignant va faire appel de cette décision. Ce n’est pas une affaire individuelle, nous invitons toutes les victimes, tous les sinistrés et plus largement toutes les personnes qui se sentent concernées par le risque industriel à soutenir cette action.
Pour soutenir les actions juridiques des personnes souhaitant mettre en évidence les prises de responsabilités qui ont favorisé la catastrophe du 21 septembre 2001, pour soutenir les actions de lutte, d’information et de “caillou dans la chaussure” de ceux qui défendent les “fauteurs de risque industriel”, ouvrez le fichier joint (tract), et renvoyez vos aides aux contacts indiqués.
PJCNina-CdP