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Après la chimie fine, la nano-chimie ?
vendredi 21 décembre 2007, par PJCNina-CdP
Le mardi 18 décembre l’association Plus Jamais Ça, Ni ici ni ailleurs - Croix de Pierre a tenu son Assemblée Générale actuelle à la Maison des associations du quartier de la Croix de Pierre de Toulouse. L’occasion de faire un état des lieux du combat mené depuis plus de 6 ans maintenant.

Le procès pour responsabilités concernant la catastrophe d’AZF devrait débuter le 22 septembre 2008, mais l’association ne se fait pas d’illusions quant à son issue : quand on sait que le groupe Total réalise plus de vingt mille euros de bénéfice par minute, l’amende maximum pour la personne morale de Grande Paroisse, ne dépassera pas deux minutes de ce bénéfice. L’amende ne paiera pas, et il s’en faut de beaucoup, ce que les agissements dilatoires du groupe ont coûté à l’impuissance publique chargée d’administrer ce que l’on nomme la justice.

L’action d’information de PJCNina, et d’autres organisations citoyennes et militantes font que, lentement, le risque industriel prend sa place dans les préoccupations de la population, des médias, des politiques mais les réactions des lobbys de l’industrie chimique sont à craindre pour ralentir et édulcorer les décisions nécessaires. La lutte doit se poursuivre pour le développement d’une industrie écologiquement soutenable.

Toujours est-il qu’un autre des objectifs majeurs de l’association, avec le soutien aux sinistré-e-s dès la première heure et la condamnation des responsables de la catastrophe, à savoir la fermeture définitive de la plate-forme chimique du Sud-toulousain, n’est toujours pas atteint. Et l’avenir n’apparaît pas forcément radieux si l’on en croit les bribes d’informations données du bout des lèvres par la société Isochem lors de la réunion de la CLIC (Commission d’Information et de Concertation) du 17 décembre.

Celle-ci, toujours en activité sur le site, affirme fermer début 2008 ses productions de fongicides et pesticides, ce qui aurait l’avantage pour les riverains, entre autres, de ne plus dégager d’émanations nauséabondes. Mais l’activité de l’entreprise devrait se redéployer, en relation avec le cancéropôle, dans les domaines des bio-nano-technologies. Ce qui n’est pas pour rassurer : incolores et inodores, les particules développées, grandes d’environ un milliardième de mètre, ne sont pas en odeur de sainteté dans les milieux de la santé, et en particulier de l’hygiène et la santé au travail.

Rappelant le scandale de l’amiante, un chercheur de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), a coordonné un rapport alarmant déposé en juin 2007, et dont le site web de l’INRS donne un bon aperçu (http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/Dossier%20Nano/$File/print.html). Les nanoparticules, de par leur petitesse, peuvent rejondre, par inhalation, avalement ou contact cutané, tout organe du corps, des poumons au cerveau, en passant par les reins, le foie, etc., et provoquer ainsi des dégâts divers (irritation, inflammation, ...). Des chercheurs américains soupçonnent par ailleurs une corrélation entre l’inhalation de ces nanoparticules et le développement de la maladie d’Alzheimer.

Les travailleurs et les riverains d’Isochem seront-ils les futurs clients de l’hôpital accueilli au sein du cancéropôle ? Ou bien, comme le préconisait un groupe de travail indépendant en 2003, « le gouvernement devrait permettre au public d’examiner les risques par lui-même, au cours d’un débat informé, et l’aider à prendre ses propres décisions en lui fournissant les informations pertinentes (...) » (cité par B. Hervé-Bazin dans les cahiers de l’INRS, 4e trimestre 2004) ? Il est difficile de croire en la deuxième hypothèse quand le laboratoire LAAS et le CNRS de Toulouse se gargarise en septembre 2007 de la reconduction du projet “Nano au lycée” en collaboration avec le lycée Saint-Sernin, dont l’objectif est de rendre attractive cette discipline (20 heures de cours publicitaires).

PJCNina-CdP

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