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Argumentaire Vade-mecum, novembre 2004
lundi 20 décembre 2004, par PJCNina-CdP

Le vade mecum du “Parfait Sinistré”

Auteur : Association “Plus Jamais Ça, Ni ici ni ailleurs - Croix de Pierre”, Toulouse

Rédacteurs : membres de l’association, membre d’autres associations de sinistrés, membres du collectif toulousain “Plus Jamais Ça, Ni ici ni ailleurs”

Format : 21X15 (portrait), 120 pages (prévision), N&B, couv bichrome

Maquette : Association “Plus Jamais Ça, Ni ici ni ailleurs - Croix de Pierre”, format impression

Tirage : 1000 exemplaires (impression à définir) subventionnés, tirages ultérieurs suivant souscription (4 ? + frais de port)

Date de parution : février 2005

Suivi : le site internet de l’association proposera le téléchargement, sous-chapitre par sous-chapitre de l’ouvrage, et sera une source d’annexes (documents, développements) complémentaires

Argument : L’expérience post-explosion d’AZF vécue par les toulousains riverains de la plate-forme chimique doit être partagée, pour la faire connaître d’une part, et pour prévenir des catastrophes similaires d’autre part.

1) L’explosion était prévue, sinon prévisible, depuis des décennies, et les “anciens” le disaient. L’entreprise, les pouvoirs publics, les services de l’Etat se sont reposés sur une législation qui, pour être de plus en plus contraignante, n’était pas dénuée de zones d’ombre laissant place à toutes sortes d’interprétations, les moins-disantes étant favorisées, de même que la non-information des riverains, qualifiée par certains de « désinformation ».

2) AZF n’est pas la première catastrophe industrielle, encore moins la première catastrophe humaine, de ces dernières décennies. Cependant, force a été de constater que rien n’était prévu pour faire face à un tel événement. La désorganisation totale des plans de secours et plus spécifiquement des services administratifs a, heureusement, été en partie remédiée par l’élan de solidarité populaire manifesté par les toulousains en général, les employés des services administratifs en particulier, à titre bénévole. Il est inconcevable que ce qui a prévalu à Toulouse soit toujours de mise dans les plans particuliers d’intervention, à Toulouse comme ailleurs.

3) Le suivi des sinistrés, la reconstruction physique et matérielle ont été l’objet d’âpres luttes, de débats, individuels et collectifs, qui nuisent à la cohésion sociale et, en cela même, à ladite reconstruction. Les acquis obtenus et les écueils insurmontés doivent faire l’objet de jurisprudence ou de précautions.

4) Depuis les années 1970, et plus administrativement depuis 1997, le débat public semble promouvoir une certaine forme de “démocratie participative” envers des choix d’équipements publics ou privés pouvant avoir des conséquences sur l’environnement (naturel et humain). Le SPPPI de la région Midi-Pyrénées, premier du genre et créé à l’aube des années 1990 a fortement été secoué par l’explosion d’AZF. Qu’en est-il aujourd’hui de la volonté toujours affirmée de favoriser la participation de citoyens aux choix technologiques et industriels de la cité ? L’exemple de la reconversion de la plate-forme chimique du Sud-toulousain est démonstratif.

5) Notre association, seule au sein du collectif toulousain “Plus Jamais Ça, Ni ici ni ailleurs” et des associations de sinistrés, a inscrit dans ses statuts (article 2) sa mission d’éducation populaire. Issue d’un assemblage original de “parents d’élèves”, militants associatifs, membres de la maison de quartier, “anciens”, commerçants, ..., elle a dès les premiers temps qui ont suivi l’explosion, réagit en tentant de réinstaurer le « lien social » qui unissait son quartier (20 000 habitants). À force d’essais-erreurs, son histoire l’a amenée à devenir une pièce importante de la reconstruction de la vie du quartier, en étant considérée par les uns comme contre-pouvoir des politiques et des industriels, par les autres comme outil d’expression et d’évacuation des préjudices subis. Une réflexion quant à l’existence de telles missions de la part d’une entitée morale est nécessaire.

6) L’action des sinistrés, regroupés en collectifs ou en associations, ne s’est pas bornée à la reconstruction et la lutte locales. De nombreux contacts ont été établis, en France et à l’étranger (Bhopal, Galice, ...) avec des “toujours ou en devenir” sinistrés, structurés ou individuels. L’expérience des échanges effectués avec ceux-ci doit servir à d’autres.

7) L’existence d’installations dangereuses pour son environnement naturel et humain pose problème. Problème économique (elles emploient des salariés attachés à leur travail et qui peuvent contribuer à l’économie d’un quartier, d’une ville), problèmes écologiques et sociaux (choisit-on vraiment de vivre dans un environnement pollué et/ou dangereux ?). Les modes de vie de ceux qui s’interrogent sur ces problèmes, qu’ils les côtoient ou en soient éloignés, sont eux-mêmes mis en interrogation. Alors qu’il est de bon ton de se préoccuper de sa dépense énergétique (Kyoto), ne doit-on pas non plus critiquer, sinon remettre en cause, ses options personnelles et collectives en matière de qualité de vie (pour soi, pour autrui) ?

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