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Arguments
mardi 12 avril 2005

29 mai - La citation qui tue de Frits Bolkestein

"Personnellement, je suis opposé à tout référendum. C’est un mauvais instrument parce qu’on lie tout à tout, dans un référendum. Il y a deux formes de démocraties. Il y a les démocraties directes et les démocraties représentatives. Moi je suis partisan de la démocratie représentative et les référendums n’ont pas de place dans cette forme de démocratie (...) Les élus doivent décider. C’est pour cela qu’ils ont été élus." Frits Bolkestein, 6 avril 2005, sur France Inter

Incohérence, incurie et gabegie. Que dit la Cour des Comptes ?

Un commentaire qui fait désordre. Le ministère des Affaires européennes a annoncé hier que la Documentation française a dû détruire 162 000 exemplaires du texte intégral de la Constitution européenne. Motif du pilon : un commentaire indiquant « texte incohérent » rajouté en bas de page en lettres d’imprimerie, concernant l’article 1-33 sur les « actes législatifs ». La note, dont on ignore l’auteur, a échappé à la vigilance des relecteurs. Elle était en outre « invisible à l’écran lors de la saisie informatique de la disquette », a précisé la Documentation. L’ouvrage de 232 pages avait été commandé par le ministère pour être distribué en préfectures, mairies, bureaux de poste et librairies. La Documentation française a réimprimé à la hâte 150 000 exemplaires.

La fin de la taxe Tobin

L’article III.156 stipule que : "dans le cadre de la présente section les restrictions tant aux mouvements de capitaux qu’aux paiements entre les Etats membres et les pays tiers sont interdits".

C’est clair et concis : toutes les taxes de type Tobin deviennent impossibles !

Valery Giscard d’Estaing persiste et signe

"Cette constitution est faite pour durer 30 ou 50 ans" a déclaré à nouveau Valéry Giscard d’Estaing lors de l’émission Transeurope express, le 29 mars 2005 sur France 3. Dans la foulée il a précisé que les explications sur la constitution devaient être apportées "par ceux qui l’ont rédigée et pas par ceux qui ne l’ont peut-être même pas lue." Toujours pédago, après avoir indiqué "ce projet, je l’aime", celui qui s’estime le père du texte s’est affirmé serein malgré les sondages qui indiquent la montée du non. "Quand ils (les Français) auront réfléchi, ils diront oui". Répondant à Serge July, il a démontré que l’administration Bush est désormais convaincue que la construction européenne et le projet constitutionnel sont positifs pour la politique américaine. Le oui, s’il l’emportait, devrait donc répondre aux intérêts étatsuniens. Il n’est pas certain que ces arguments aient rempli d’aise les membres du gouvernement et en particulier Raffarin qui présente la Constitution comme un rempart contre la politique de Bush !

Ils essaient de rendre l’Europe sexy :

nous la voulons féministe !

Stratégies, un magazine spécialisé en marketing, communication et médias titre en une "Comment rendre l’Europe sexy ?". L’article propose des recettes : "occuper le terrain, changer les visages, donner envie, faire valoir ses appas, cibler les bons clients". Bref, un condensé de marchands de pub. Un spécialiste de la communication politique, qui n’a pas froid aux yeux, le bougre, prône "enfin une vraie stratégie de communication grand public, pourquoi pas autour de la Journée de l’Europe, le 9 mai." Bad point ! Cette année, le 9 mai, ils rencontreront les associations féministes sur leur chemin : elles distribueront des tracts dans de nombreux lieux publics afin d’expliquer leur engagement en faveur du non. Tous les militants et comités d’Attac sont d’ailleurs invités à participer à cette initiative. Le 4 pages "Pour les droits des femmes et pour l’égalité, non à la Constitution" est encore disponible au siège d’Attac.

Un sujet tabou : le chômage

Selon l’article I-3 de la " Constitution ", l’Union européenne oeuvre pour un développement " fondé sur [...] une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social ". Ce qui pourrait sembler positif. Il faut pourtant savoir que l’ajout du mot " sociale " dans l’expression " économie sociale de marché " n’a été obtenu qu’en échange de " hautement compétitive " ! Dans le reste du texte de la Constitution, on ne trouve pas un mot sur ce qu’est une économie sociale, on ne trouve plus jamais mentionné le plein emploi et une seule fois le progrès social. En revanche, on trouve 88 fois le mot " marché ". Le " marché unique oú la concurrence est libre et non faussée " (article I-3) est bien l’objectif central. L’Europe sociale n’est pas " oubliée " dans la " Constitution ", elle est tout simplement incompatible avec la doctrine libérale qui en constitue le fondement. Pour en savoir plus, " Cette Constitution qui piège l’Europe ", dans les librairies á partir du 14 avril.

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