
Tout d’abord pour mettre tout le monde à l’aise...
J’ai signé l’appel de soutien à la candidature de José Bové, histoire de montrer ma rogne. Et signifier aux organisations politiques de gauche (hors PS) que comme d’autres, je n’ai pas apprécié la fin du film... C’est le coup de pied de l’âne... J’apprécie ma propre initiative avec des sentiments mitigés. Je ne crois pas qu’il soit possible d’aboutir à une candidature Unitaire incarné par José Bové maintenant. Mais qui sait ? si OB et MGB se retiraient... ? Pour moi, c’est le Pourquoi pas... Pourquoi pas faire de cette candidature l’ultime tentative d’obtenir une candidature unitaire. Je crois nécessaire de se battre jusqu’au bout pour cela.
Avec la garantie que si cela est impossible notre ami josé se retire des urnes pour ne pas ajouter un candidat anti-libéral à une liste déjà trop longue. Point de vue partagé par de nombreuses personnes du collectif national (C. Debons, C. Autain, Les unitaires de la LCR, etc)
Pour moi, ce qui m’importe c’est de ne pas être resté sans voix..
L’avenir du collectif : bilan et perspectives
Pour ce qui est de l’avenir de notre collectif (et de bien d’autres aussi je pense) il en va autrement.
Quel bilan ?
Sur les bilans, toujours difficile de s’entendre. Pourtant il faudra bien faire un peu de bilan sur ce qui a coincé....
Je vous renverrai à la lecture de ma contribution (document en ligne sur le site de Truc et en pièce jointe) de novembre expliquant il y a maintenant quelques mois pourquoi j’avais signé l’appel du 10 mai
Une attente populaire énorme, un enjeu qui ne se disait pas (refonder la gauche ?), une mise en danger certaine des organisations politique existantes. Cette aspiration ne disait pas forcément son nom, mais a été formulée sous différentes formes dans les collectifs, dans la direction du CUN : Mouvement... , fédération.... Autre chose en fait que ce qui existe jusqu’à présent.
Certes il n’était question que de se trouver une candidature unitaire.... Mais les organisations politiques, que je crois intelligentes, engagées dans le processus post-29 mai avaient une grille de lecture des enjeux à long termes. Elles ne peuvent sous-estimer à ce point ce qui s’est timidement amorcé ces derniers mois.
Je pense que nous aurons à tirer un vrai bilan, sans concession, de tout cela après les élections (les deux) mais où les grandes lignes seront visibles au soir du premier tour des présidentielles.
Construire autre chose, du neuf avec des morceaux de « vieux » c’est pas facile. Demandez à des couturières si le patchwork est si simple.. !!
Bref, je ne vais passer mon temps à gémir ou rester dans une posture négative .... Mais comme vous pouvez le constater, je ne me réjouis pas de ce qui s’est produit. En aucune manière et je cherche à préserver les outils fragiles issus du 29 mai.
Quelles perspectives ? Qu’est-il possible de faire ? Il y a des lignes de ce chapitre qui devront attendre la fin de la période électorale pour être écrite mais pour autant on peut s’interroger sur ce qu’il est souhaitable de faire.
Les collectifs ? Un lieu pour faire de la politique. Un lieu de confrontation. Un lieu qui permettra de faire des choses ensemble, d’en parler à des rythmes qui nous conviendront partant de l’idée que la politique ne se réduit au scrutins électoraux et aux campagnes qui les précédent. Exemples : Se rencontrer, faire des synergies dans les luttes autour des initiatives comme Ecoles sans Frontières, Les luttes du type « don quichotte », nos luttes sociales.
Engager des luttes politiques sur les 125 propositions. Notamment pour préparer l’avenir, s’engager par exemple dans une lutte pour réviser notre constitution et reformer nos institutions. C’est la droite qui a l’avantage dans cette affaire. Ne lui laissons plus le terrain, reprenons la main. Mettre à bas un régime présidentiel honni nous serait quelque peu utile pour engager les candidatures unitaires futures, ne croyez vous pas ?
Nous savons par exemple, que la droite et certainement le PS (avec le secours d’angela Merkel) vont nous remettre le couvert de la constitution européenne. Préparons nous y ?
Engager et gagner nos luttes sociales Le syndicaliste que je suis à des attentes particulières aussi dans le domaine politique. Je suis persuadé par l’histoire et ma toute petite expérience que le nœud de l’affrontement avec les libéraux se dénouera dans le rapport de force que nous saurons (ou non) construire dans les entreprises, là où se joue la relation avec les exploiteurs, le medef. Quand bien même le PS serait remis en selle, nous aurions à nous battre pied à pied pour reconquérir tout le terrain perdu !!!! Les luttes sociales de ces dix dernières années et les stratégies (ou tactiques) qui ont prévalu méritent en elle-même d’être revues et discutées ensemble même si (et justement parce que) nous ne sommes pas tous dans les mêmes boutiques syndicales et que nous ne sommes pas forcément d’accord. Il en va de l’avenir des luttes et des succès que nous pourrons escompter.
Pour 2008, nous devrons ainsi nous préparer à l’attaque en règle annoncée, le coup de grâce qui sera porté à notre régime de retraites par répartition.
Il en est ainsi de nombreuses questions où les collectifs peuvent jouer un rôle : A nous d’en décider. Les collectifs deviendraient un des ces outils dont nous avons grandement besoin pour combattre les effets ravageurs du capitalisme du XXI e siècle en réhabilitant l’action politique aux yeux de plus grand nombre. Utopie ? Et bien justement, on en a besoin !
Gilles Ory, le 4 février 07