le 07.03.05
Carlos Mesa a présenté lundi par lettre sa démission au Congrès, tandis que les mouvements sociaux sont à l’offensive de nouveau. Il s’agit d’une nouvelle crise institutionnelle grave dont la vitalité de la lutte des classes est l’origine directe.
Rappelons que Carlos Mesa lui-même n’avait été placé au pouvoir que par défaut, après l’éviction de son prédécesseur. Celui-ci, le très corrompu et libéral Gonzalo Sanchez de Lozada, avait du fuir le pays en pleine insurrection populaire, après avoir tenté de brader le gaz du pays à des multinationales. Carlos Mesa, soumis à la pression contradictoire de ceux à qui il devait sa place (la rue) et de ceux à qui il est en réalité fidèle (l’oligarchie bolivienne) part donc, se disant incapable de mener ses projets néo-libéraux de réformes à bien... Ce qui est heureusement bien le cas !
La bourgeoisie bolivienne n’arrive décidemment toujours pas à stabiliser la moindre forme de pouvoir un tantinet légitime, face à la grande masse des pauvres qui exigent leurs droits de façon de plus en plus radicale, consciente et organisée. Un mouvement social puissant qu’il faut suivre et soutenir.