DEUXIEME TOUR ...LE DOUTE ET LA MENACE ? Formidable interview ce jour sur canal+ du candidat UMP face à Laurence Ferrari (12H50 le 29 avril 2007) . « Ce n’est pas une psychanalyse une élection » disait le candidat UMP au terme de sa prestation, pourtant se dévoilait clairement un « doute » et s’exprimait de facon inquiettante une « menace » :
Tout a commencé par un lapsus hallucinant en appréciation du débat Royal / Bayrou de la veille : « La finale ne se joue pas entre le PREMIER et le troisième »...Oui il a dit premier ! Alors que Ségolène Royal était seconde ! Alors quel doute ronge Nicolas ? L’angoisse de perdre assuremment, peut-être la connaissance de sondages non publiés en sa défaveur ? Plus tard vers la fin de l’interview il ne réfutait pas l’hypothèse de la défaite possible et répondait « SI JE NE REMPORTE PAS l’élection, j’irais me reposer... » . Ou est passée la fière assurance de notre tribun ?
Plus inquiettante a été la comparaison avec le tour de France où, après les étapes de montagne « Il peut se passer beaucoup de choses dans une étape de plaine...un chien traverse...et adieu la victoire... ». Mais qui va lacher le chien ? Que sera le chien dans la dernière étape vers l’Elysée ? Un touble à l’ordre public. ? Une menace terroriste ? Un faux pas organisé de la concurrente ? Là encore le candidat se positionne au rang de second et pose pour hypothèse la survenue d’un événement impromptu qui changerait le sort de sa rivale..Le sourire forcé lors de cet énoncé laissait penser que le candidat avait déjà songé à la nature du « joker » qui pourait renverser la partie en cas de menace d’échec...N’oublions pas que son premier « maître » en politique fut aussi le chef du SAC aux années gauliennes, expert en « actions spéciales » ...Il faut conseiller à ségolène de ne pas vérifier seulement la pression des pneus en pédalant vers l’Elysée..
Tout aussi révélateur a été cet interview sur la conception du pouvoir hyper-présidentiel qui serait mis en place immédiatement , là encore « Si j’étais élu », puisque les ministres recevront DU PRESIDENT une « lettre de mission » dont ils devront rendre compte AU PRESIDENT qui se réseve le droit de les démettre...Que sera le rôle du premier ministre chef du gouvernement ? Seulement être sarkocompatible et sarkodocile...Nous allons bien changer de république, mais pour revenir au bonapartisme ou au temps des pleins pouvoirs votés en juillet 1940 au Maréchal...Mais cela ne surviendra que « SI » ....
ALORS A CEUX QUI NE MESURENT PAS LE POIDS DE LEUR "MODESTE" VOTE « PERSO », rappelons que 1% des voix font environ 400.000 électeurs, que le score s’annonce très serré, peut-être à un ou deux %...Rappelons que la victoire de LE PEN sur JOSPIN en 2002 ne représentait en moyenne que UN électeur par bureau de vote en France... Oui, UN électeur, un de ceux qui avait cru pouvoir attendre le deuxième tour pour éliminer Chirac. Même si l’idée de voter Jospin n’était guère plus enthousiasmante hier que celle de voter aujoud’hui Royal, il s’agissait déjà de « choisir son adversaire » , sans consentir à une adhèsion envers son programme....Mais la situation n’est pas la même !
Rappelons que en 2002 les états d’âme de ceux qui hésitaient à voter contre LE PEN n’étaient pas fondés sur le risque, nul , que celui-ci soit élu, mais sur une position de principe visanr à confirmer le rejet de son programme et donner le plus grand differentiel de voix aux deux candidats ; nul n’en a « voulu » à ceux qui n’ont pas contribué à ce choix, car il s’agissait de principe et non de péril immédiat.
En 2007 il y a péril immédiat de voir élu celui qui , depuis, a « recyclé » à son profit l’essentiel des thèses que nous condamnions en 2002. L’enjeu n’est pas le même car il y a désormais péril immédiat. L’abstention prendrait, ici, un tout autre sens qui serait seulement d’enlever une voix susceptible de faire barrage a ce projet.
Alors le matin du six mai que CHAQUE HESITANT SE DISE, qu’il est peut-être un de ces deux ou trois citoyens dans sa commune, comme des milliers d’autres partout en France dont dépend que la France ne livre pas le pouvoir à l’homme politique le plus inquiétant, parvenu à ce niveau d’influence, que la France ait connu depuis l’écroulement de Vichy... Qu’il se dise aussi que barrer de rouge le nom de Royal sur le bulletin ou le remplacer par un vote blanc, c’est AUSSI offrir au plus antidémocrate de nos adversaires l’occasion de continuer à appliquer, en l’amplifiant, son programme de régression et de répression sociale...
Oui, UN ou DEUX par bureau de vote peut-être feront la différence, et ce peut être vous... Vous ne le direz pas... et garderez pour vous cette fierté secrète, d’avoir failli ne pas le faire...
Quel bonheur si ca marche, et quelle pêche pour les luttes à venir !
Mais aussi quel pincement si ca ne marche pas, que nous n’ayons pas su convaincre assez de nos proches...
Evitons cela pour que le "tous ensemble" de demain s’épargne cette suspicion réciproque d’avoir peut-être "failli" au matin du six avril 2007...
Jacques Richaud (collectif 31 )