
Communiqué - Collectif de l’Espoir - Vendredi 10 juin 2008
OCCUPATION DE ’L’EGLISE DU SACRE COEUR. LA MOBILISATION CONTINUE ...
Depuis lundi, portées par une forte mobilisation des associations et organisations de soutien, 4 familles du Collectif de l’Espoir ont occupé l’église du Sacré Coeur à Patte d’Oie à Toulouse. A la rue depuis des semaines, elles revendiquent l’accès à un logement. Durant ces derniers jours, de nombreux habitants du quartier, des citoyens et des élus ont manifesté leur appui. Aujourd’hui, la préfecture a entamé le dialogue en rencontrant une délégation et en ouvrant des perspectives de solutions. Devant la position de archevêché imposant que les lieux soient libérés, et pour éviter toute confrontation qui mettrait les familles en danger, décision a été prise d’accepter l’accueil proposé par l’Eglise Réformée.
La mobilisation reste toujours d’actualité jusqu’à l’obtention de solutions pour les familles concernées. Nous appelons à rester vigilants en manifestant notre solidarité à partir de lundi 13 juin. Un point d’information sera organisé au Temple de la place des Salins, 4 impasse de la Trésorerie à Toulouse, à partir de 18 heures.
Le Collectif de l’Espoir et leurs soutiens
Aujourd’hui 4 familles se trouvent A LA RUE. Avec au total, 13 enfants !
Pour les autres, l’échéance sera sans doute courant juillet.
Face au silence et à l’absence de solution apportée par les pouvoirs publics pour mettre à l’abri ces enfants et ces familles, le Collectif de l’Espoir et ses soutiens a installé trois familles à la rue depuis vendredi dernier dans l’église du Sacrée Cœur (métro Patte d’oie).
Après une semaine de mobilisation, suite aux contacts pris avec la Préfecture, devant la position de l’archevêché imposant que les lieux soient libérés, et pour éviter toute confrontation qui mettrait les familles en danger, décision a été prise d’accepter l’accueil proposé par l’Eglise Réformée.
Un point d’information sera organisé au Temple de la place des Salins, 4 impasse de la Trésorerie à Toulouse, lundi, à partir de 18 heures.
Ces familles ont besoin de votre soutien, venez les rencontrer...
Le collectif de l’Espoir est soutenu par : Alternative Midi-Pyrénées, Cimade, Collectif SDF, Confédération Syndicale des Familles, FSU, LCR, LDH, Motivé-e-s, MRAP, PCF, Ras l’Front, Sud Services Publics.
Contact presse : 06 62 81 47 99
A la rue avec sa maman
Djamila, 47 ans, vit seule avec 3 enfants de 14,11 et 2 ans. Secrétaire de formation. A Toulouse depuis le mois de mars 2004. Ont passé quinze mois dans trois hôtels différents. Seront à la rue le 30 juin. « Le PAIO a dit qu’on aurait plus de places en juillet. Qu’est-ce qu’on va devenir ? Vous savez, mon fils a 18/20 en math. Ses profs lui disent qu’il doit continuer ses études. Mais lui, il veut faire apprenti pour m’aider. Je vois bien qu’il a honte. Il dit rien à ses copains. Moi, j’en dors plus de cette situation ! Toujours les enfants ils demandent quand est-ce qu’on va aller à notre maison. Je ne sais pas quoi leur répondre. S’il vous plaît, qu’on me laisse redevenir française comme mon père. Ah, s’il n’avait pas oublié de renouveler sa carte d’identité après la guerre et ma naissance en Allemagne ! »
Cinq dans une voiture
Ali et Nadia, 38 ans.
Il était médecin urgentiste à Oran, elle sage-femme. 3 enfants de 10 ans, 5 ans et 20 mois. A Toulouse depuis septembre 2002. Ont passé 8 mois à l’hôtel et 20 mois en CADA. A la rue depuis fin mars. « Quand on nous a dit qu’il fallait partir, on a appelé tous les jours pour avoir une place en hébergement d’urgence. En vain. Alors, on a commencé à dormir tous les cinq dans le fourgon d’un compatriote qui fait les marchés. Puis un autre nous a laissés dormir dans son garage pendant 25 jours. C’était irrespirable. On passait des nuits blanches. Pareil dans la voiture qu’on nous prête depuis peu. Dormir là-dedans, c’est pas possible. Donc l’église, ça me dérange pas si ça peut nous aider à être régularisés. J’ai déjà plusieurs propositions d’emploi dans des cliniques comme infirmier. De toute façon, on ne reviendra pas en Algérie. C’est trop dangereux. »