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" Familles en sursis en Toulouse "
lundi 18 septembre 2006
Lettre ouverte du collectif inter-associations et de la FNARS au Préfet, au Conseil Régional, au Conseil Général et à la Ville de Toulouse.

Fin juin, 56 familles étaient menacées d’expulsion des hôtels gérés par le PAIO (le 115) de la Ville de Toulouse sur financement de l’Etat. Grâce à la mobilisation du collectif inter associations de Toulouse et de la Fnars Midi Pyrénées, le Conseil régional de Midi-Pyrénées et la Ville de Toulouse ont voté en urgence des subventions exceptionnelles pour aider ces familles en difficultés et empêcher qu’elles ne se retrouvent à la rue.

En dernière minute, après les interpellations vigoureuses auprès du ministère de la cohésion sociale, effectuées entre autres par la Fnars, Médecins du monde, Emmaüs et le Secours catholique, Mme Catherine Vautrin, Ministre Déléguée à la Cohésion Sociale et à la Parité, a octroyé une dotation exceptionnelle pour prolonger l’hébergement jusqu’au 21 août afin de trouver une solution pendant l’été

A cette date, la moitié des familles a été régularisée, et dans l’attente d’un logement ou d’une place en CHRS, l’Etat continue à financer l’hôtel.

L’autre moitié se trouve dans une situation floue. Certaines attendent toujours une réponse. D’autres ont reçu un refus. Pour plusieurs d’entre elles, le tribunal administratif a cassé l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. D’autres ont une autorisation de séjour en tant qu’étranger malade. les associations du collectif ont décidé de prendre le relais de l’hébergement en utilisant les subventions exceptionnelles du Conseil régional et de la Ville de Toulouse. Toutes ces familles sont parrainées et accompagnées par des associations ou des citoyens dans une démarche de régularisation et d’intégration.

Ces 22 familles sont encore dans les hôtels de Toulouse. Près de 50 enfants ont repris le chemin de l’école. Au rythme actuel des dépenses réalisées, près de 1500 Euros par jour, le collectif estime que sur la base des crédits accordés, il ne pourra pas dépasser la date du 30 septembre pour le maintien à l’hôtel.

A cette date, ces familles se retrouveront à la rue !

Dans un pays de droit où l’économie n’est pas en péril, sur les terres de l’Airbus A 380 et de l’aérospatiale, la régularisation et la prise en charge de 22 familles sont une goutte d’eau. Mais cette goutte d’eau manque pour que « les droits de l’Homme » et « les droits de l’Enfant » soient une réalité.

Le COLLECTIF et la FNARS demandent solennellement au Préfet, au Conseil Régional, au Conseil Général et enfin à la Ville de Toulouse de se coordonner dans une action concrète afin de faire vivre « la Solidarité et la Fraternité » qui sont au cœur de nos valeurs collectives. D’ici au 30 septembre les administrations concernées doivent pouvoir trouver des solutions humaines. Les associations n’ont ni le mandat ni les moyens de remplacer ces institutions majeures de la protection sociale. Face à ce drame humain, elles mobiliseront toutes leurs énergies !

Faudra-t-il implanter un camp de toiles au cœur de la ville ?

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