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L’appel de TRUC
mardi 12 avril 2005, par
L’appel de TRUC a été écrit en 2000... il a été soutenu par de nombreux acteurs du mouvement social toulousain et paraît plus que jamais d’actualité ! Cet appel est le texte fondateur de TRUC.

L’appel de TRUC

Toulouse Réseau Unitaire et Citoyen

"UN RESEAU POUR DYNAMISER LE MOUVEMENT SOCIAL TOULOUSAIN"

Pour combattre le libéralisme et ses avatars, nous avons besoin à Touloused’un cadre de lutte qui permette la réflexion, l’action et qui se donne pour objectif de dynamiser le mouvement social.

1 - Le libéralisme conduit le monde à sa perte :

De plus, le libéralisme contamine une politique gouvernementale qui creuse les écarts, divise, précarise et exclut : les "citoyens" d’un côté et les "sans-papiers" de l’autre, les "nationaux" et les "immigrés", les "ayant droits" et les "sans droits", les hommes et les femmes, les "permanents" et les "intermittents" … Cela alimente toutes les discriminations, en particulier le sexisme et le racisme.

Le projet de refondation sociale du patronat (MEDEF) est inacceptable : c’est un véritable projet de société, un remodelage social destructeur de tous les acquis, de toutes les solidarités, au profit des seuls intérêts financiers. Il est l’application en France de la marchandisation mondialisée. Les stratégies réformistes d’accompagnement social et le désengagement accéléré de l’Etat, mené aussi bien par le gouvernement actuel que par ses prédécesseurs, facilitent sa mise en œuvre..

Il faut lui opposer une véritable alternative sociale, celle que nous construisons ensemble par nos débats, nos revendications et nos luttes. L’affirmation de solidarités fondamentales entre les chômeurs et les actifs, le privé et le public prend toute sa valeur dans l’actualité de la lutte contre le PARE et contre les attaques sur les retraites. Elle sera de nouveau nécessaire pour garantir et développer la protection sociale, la création d’emplois statutaires, un véritable droit à la formation initiale et continue.

L’extension mondiale de la marchandisation est elle aussi une attaque en règle qui touche l’environnement, la vie quotidienne (la "mal bouffe"), le logement, la santé, l’éducation, la culture…

Hors de tout repli chauvin ou nationaliste, les luttes contre la mondialisation libérale montrent qu’un vaste mouvement international commence à se dessiner de Seattle à Porto Alegre, en passant par l’étape essentielle de Millau, et ce n’est pas fini… Un nouvel internationalisme est en train de naître qui montre que c’est au niveau de la planète tout entière que les espoirs doivent et peuvent se fédérer.

2 - De Porto Alegre à Toulouse, le mouvement social n’est ni un gadget, ni une marchandise :

Contre des attaques de ce type, le mouvement social toulousain a déjà montré sa vigueur et son efficacité et a marqué des points importants, en particulier les 30 000 contre Le Pen , en 98, le soutien à la grève de la faim des sans-papiers, en 99, et le rassemblement de Millau, en 2000.

Il s’agit d’un réseau informel composé d’éléments politiques, syndicaux, associatifs, culturels. Souvent cité en exemple, il tire sa force de sa capacité de mobilisation, de mise en commun, chaque fois que cela a été nécessaire, de l’expérience, du savoir-faire, de la force de chacune de ses composantes. Il tire sa force également de son indépendance par rapport aux intérêts partisans. Ce dernier point étant probablement le plus important car il a permis une collaboration de chacune des composantes dans la plus grande transparence, sur des plates-formes claires, pour des luttes légitimes, dans une volonté commune d’écarter toute pratique sectaire.

Face à l’émiettement des forces, à la division syndicale, à la difficulté de mener des luttes qui restent souvent isolées, nous avons besoin d’une force vive et ouverte qui fasse le lien. Il faut plus que jamais préserver cet outil, le développer en maintenant son indépendance, sa pluralité, son exigence d’unité. Il n’appartient à personne et nul ne saurait se l’annexer.

3 - Enrichir l’information, renforcer les initiatives, impulser l’action unitaire :

Syndicats, associations sont des contre pouvoirs, de par leur fonction, de par le terrain de lutte qu’elles occupent, mais surtout par la façon d’occuper ce terrain. L’enjeu est aujourd’hui de fédérer ces contre-pouvoirs. Il s’agit donc bien d’un réseau et non d’ une organisation concurrentielle aux syndicats, aux associations, aux partis. Sa structuration doit rester ouverte, sa composition variable selon les initiatives.

Sa référence constante, mais toujours alimentée par la discussion, doit être celle de la transformation sociale, combinant refus et propositions sur des dossiers aussi importants que, par exemple, la répartition des richesses, la défense du service public, celle des acquis sociaux, des droits des femmes, de ceux des chômeurs et des précaires, des sans-papiers…

A Toulouse, dès maintenant il est possible et nécessaire :

· d’échanger et de centraliser rapidement nos informations

· de mettre en commun nos projets et d’assurer la convergence des initiatives

· d’ouvrir un lieu de débats et d’actions communs : "Un débat pour une action", pourrait en être le slogan !

· d’œuvrer à l’unité la plus large afin de renforcer les mobilisations.

Nous proposons la mise en place d’un réseau composé d’individus, de représentants de collectifs d’associations et de syndicats. Ce réseau fonctionnerait au consensus. Il aurait pour vocation de promouvoir nos luttes aussi bien au niveau local que global et d’activer les collectifs et réseaux que nous avons mis tant de temps à construire.

Débattre et agir pour gagner doivent être nos deux mots d’ordre !

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