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Les Inspections académiques n’en sont pas à de grosses contradictions pour faire "passer" base élèves
jeudi 29 mai 2008, par Collectif Base Elèves non
3 textes, un de l’IA de l’Isère l’autre de la Haute-Garonne complètement contradictoire. Et en supplément, une circulaire de la CAF au sujet de la loi de la prévention de la délinquance
La note de l’IA de la Haute-Garonne fait le lien entre base élèves et la loi de la prévention de la délinquance. Celui de l’Isère jure que jamais il n’y aura de lien. La circulaire de la CAF 31 elle aussi fait le lien entre loi de la prévention de la délinquance, fichier et Inspection Académique... On ne nous promet que du bonheur !

Et, évidemment, la réponse du collectif : Réponse à M. l’Inspecteur d’Académie de la Haute-Garonne

Une note de Monsieur le secrétaire général de l’Inspection académique de la Haute-Garonne à « Mesdames et Messieurs les directeurs d’école s/c de mesdames et messieurs les IEN CCPD », en date du 22 avril 2008 reconnaît que Base élèves est bien un outil informatique visant à la mise en œuvre de la loi du 5 mars 2007 dite de « prévention de la délinquance », en particulier de son article 12, 2° alinéa, concernant les manquements des élèves et des familles à l’assiduité scolaire. Exactement ce que notre collectif ne cesse de dénoncer depuis sa création, et ce que ne cesse de nier le ministère de l’Education nationale. Voici ce qu’écrit Monsieur le secrétaire général de l’Inspection académique de la Haute-Garonne :

« [...] le code de l’Education dans sa partie législative prévoit, notamment dans son article L 131-6 complété par l’article 12, 2° de la loi 2007-297 du 5 mai 2007 la possibilité de “mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel” afin de procéder au recensement des élèves résidant dans la commune et soumis à l’obligation scolaire, permettant par ailleurs le suivi d’assiduité scolaire qui pèse sur le maire et sur mes services. »

Le décret n° 2008-139 du 14 février 2008 est sans équivoque sur les effets juridiques en découlant : avertissement de l’Inspecteur d’académie pour quatre demi-journées d’absence par mois non justifiées... jusqu’à la convocation des parents « défaillants » devant le « Conseil pour les droits et devoirs des familles » par le maire (article 9 de la loi dite de « prévention de la délinquance »), et, au-delà, à la décision du directeur de la Caisse d’allocations familiales d’en référer au Juge aux fins de suppression des allocations familiales en cas de continuité du manquement à l’assiduité scolaire. Comment mieux dire que Base élèves concourt au fichage des familles aux comportements « déviants » (rapport Benisti de 2004) ?

Cette argumentation juridique de l’Inspection académique de la Haute-Garonne en sa note du 22 avril 2008, donne aux parents l’argument juridique pour refuser de renseigner un fichier informatique dont la « logique » peut se retourner contre eux-mêmes, légitimité fondée sur l’article 39, 5e alinéa, de la loi « Informatique et Libertés » :

« Article 39 » I. - Toute personne physique justifiant de son identité a le droit d’interroger le responsable d’un traitement de données à caractère personnel en vue d’obtenir : » [...] » 5° Les informations permettant de connaître et de contester la logique qui sous-tend le traitement automatisé en cas de décision prise sur le fondement de celui-ci et produisant des effets juridiques à l’égard de l’intéressé. »

Ce 5° alinéa de l’article 39 de la loi « Informatique et Libertés » codifie bel et bien le droit d’une personne fichée (ou agissant pour l’enfant fiché pour lequel elle exerce l’autorité parentale) à « contester la logique [d’un] traitement informatisé » dès lors que celui-ci produit « des effets juridiques » (c’est bien le cas d’un « avertissement » de l’Inspecteur d’académie pour manquement à l’assiduité scolaire ou d’une convocation par le maire et d’un retrait des allocations familiales) consécutifs à une « décision prise sur le fondement de celui-ci ».

C’est donc en toute légitimité que nous invitons les parents d’élèves à s’adresser de nouveau aux directeurs et directrices d’école et aux maires en fondant leur refus de renseigner le questionnaire Base élèves sur l’article 39, 5e alinéa, de la loi « Informatique et libertés », et en leur demandant de ne pas renseigner le logiciel.

voir aussi ...
du même auteur ... Collectif Base Elèves non
Document(s) associé(s) :
La circulaire la CAF 31
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Note de l’IA de l’Isère
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Note de l’IA de la Haute-Garonne
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