
La place des enfants n’est pas en prison
Nous ne travaillerons pas en E.P.M. !
Un manifeste à signer, lancé à Nantes.
MANIFESTE POUR MINEURS EN DANGER
La place des enfants n’est pas en prison Nous ne travaillerons pas en E.P.M. !
Le texte de l’appel est également en pièce jointe
La lutte contre la construction de 7 établissements pénitentiaires pour mineurs n’a pas, à ce jour, permis d’annuler ce programme d’enfermement des enfants délinquants et de criminalisation croissante de la jeunesse.
Ici à Nantes, l’ouverture de l’E.P.M. d’Orvault s’accompagne d’appels à candidature pour que des personnels éducatifs (enseignants, éducateurs, travailleurs sociaux, soignants...) aillent travailler dans ces « nouvelles » prisons pour enfants.
Nous n’irons pas, et nous appelons toutes les personnes concernées à refuser de travailler en E.P.M., ici comme ailleurs, car nous refusons de contribuer à l’illusion démagogique qui consiste à faire croire qu’une action éducative est possible en prison.
Nous combattons La logique de l’enfermement
Jusqu’en 1945, les mineurs délinquants étaient enfermés dans des bagnes pour enfants, colonies pénitentiaires, maisons de correction... Dans les années 70, les derniers centres fermés furent supprimés en raison de leur fonctionnement archaïque, violent et inadapté à un objectif éducatif.
Depuis quelques années, la tentation d’un retour en arrière dans le traitement de la délinquance des mineurs est bien réelle : création de Centres d’Education Renforcée, Centres Éducatifs Fermés, et aujourd’hui des Établissements Pénitentiaires pour Mineurs, qui ne sont que l’aboutissement d’une politique fondée sur l’exclusion et la répression.
Nous pensons que la création des prisons aura une incidence sur le traitement judiciaire de la délinquance des mineurs, et le projet actuel d’abaissement de la majorité pénale de 18 à 16 ans confirme nos craintes : toujours plus d’enfermement pour créer l’illusion d’une paix sociale.
Nous savons qu’avec l’enfermement, il y a toujours des risques de dérive vers l’usage de la force physique ou de la maltraitance psychologique : c’est un phénomène bien connu, aussi vieux que l’enfermement lui-même. La vie ne s’apprend pas en prison, on n’y apprend que la haine de soi et de l’autre !
Une logique répressive et non pas éducative
Traiter la délinquance par les poursuites systématiques, l’incarcération ou la mise à l’écart dans des structures spécialisées témoigne d’une réponse à court terme. Les causes sociales, économiques de ces passages à l’acte sont éludées. Le jeune délinquant n’est plus un mineur en danger, mais un individu dangereux à enfermer !
Or, les adolescents ne sont pas des adultes ! Chaque année, 15 000 jeunes âgés de 16 et 17 ans sont interpellés plusieurs fois dans l’année. Ce sont pour beaucoup, des adolescents déscolarisés depuis l’âge de 14 ans, sans travail ni qualification, qui n’accèdent pas à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils « traînent », provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions. 3350 d’entre eux ont été incarcérés en 2006. Cependant 70% récidiveront malgré ce séjour en prison, alors que, par ailleurs, les centres éducatifs ouverts permettent une réinsertion pour plus de 60% des jeunes qui leur sont confiés ! Qui nous fera croire aux bienfaits des prisons pour enfants ?
Nous défendons Une véritable prévention
Le mineur délinquant est d’abord un enfant en souffrance, et il convient de traiter les causes de cette souffrance plutôt que ses effets. Cette évidence connue des professionnels, doit orienter une véritable politique de prévention, d’aide et d’accompagnement, qui inclurait la justice saisie en amont, au civil et non au pénal, et une action éducative et non répressive. La société ne passerait alors plus autant de temps à tenter de rattraper les dommages causés à des mineurs dès leur plus jeune âge, dans l’indifférence ou l’incompétence non moins coupable de responsables politiques qui ne voient guère plus loin que la date des prochaines élections.
Une prise en compte de la réalité de l’adolescence
D’autres sanctions existent, qui réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ pour des jeunes en danger que l’école, la famille, la pauvreté, la justice, ou la politique répressive ont conduit au ban de la société. Nous devons ainsi nous engager dans la réussite de programmes ou projets éducatifs, de lieux de vie, d’internats qui structurent et aident ces adolescents, de dispositifs relais, de centres de jour, de maisons des adolescents, qui les fassent accéder à la culture, à l’éducation et à la formation.
L’efficacité des alternatives à l’enfermement des enfants est probante. Elle serait encore plus forte si elles étaient appuyées par des moyens conformes aux enjeux. Le droit à l’insoumission éducative
Refuser de travailler en EPM n’est pas délaisser les mineurs délinquants, ou refuser le travail avec des jeunes incarcérés. En refusant d’exercer dans les prisons pour mineurs, il s’agit pour nous de bloquer ce système carcéral pour enfants, en contraignant justice et administration pénitentiaire à faire sortir ces jeunes des EPM comme des quartiers pour mineurs, pour leur permettre de suivre des cours, des formations, des entretiens, des soins et ne pas les isoler, toujours plus, de la vie en société. Nous serons solidaires de toute personne inquiétée pour son refus de travailler en EPM.
Les droits de l’enfant
La Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par l’Etat français en 1990 stipule que « Les États parties reconnaissent à tout enfant suspecté, accusé ou convaincu d’infraction à la loi pénale le droit à un traitement qui soit de nature à favoriser son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui renforce son respect pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales d’autrui, et qui tienne compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa réintégration dans la société et de lui faire assumer un rôle constructif au sein de celle-ci (article 40) ». Or la dignité et le sens de la liberté ne s’acquièrent pas dans la soumission, ni le respect de l’autre par le déni de soi, et la réintégration ne se prépare pas en prison.
Les EPM sont criminogènes. Nous n’irons pas y travailler !
A Nantes le 1er décembre 2007
Contacts et signatures : emancipationgd44@no-log.org-
Groupe départemental de l’Emancipation c/o FSU 8 place de la Gare de l’Etat 44276 Nantes cedex 2
signature en ligne : http://pays-de-la-loire.emancipation.fr
Ce texte s’inspire et s’inscrit dans la continuité de plusieurs écrits ou appels : pétitions contre la construction des EPM (Lavaur, Meyzieu, Orvault...), pétition « Les adolescents ne sont pas des adultes » contre l’abaissement de la majorité pénale (Philippe Meirieu), « l’échec prévisible des centres éducatifs fermés » et autres travaux du groupe CLARIS....
Nous souhaitons sa diffusion et son approbation la plus large, merci de nous informer de son utilisation, ou de son adaptation...
Les 100 premières signature au 1er février 2008
1) Loire-Atlantique AUZOU Julie, Chargée de développement culturel, Nantes - BERNET Morgane, Contrôleur de gestion, Nantes - BIARD DELANOE Martine, Institutrice retraitée, Nantes - BOUFFENIE Delphine, Adjointe Communiste au Maire de Nantes, Nantes - BRULAVOINE Thierry, Professeur des écoles, Saint-Nazaire - CARON Olivier, Enseignant, Saint-Nazaire - CHATELLIER Marc, Enseignant-Chercheur, Nantes - CHEREL René, Enseignant à l’Université, Nantes - CHURIE LE-GOAL Christine, Enseignante, Vertou - CONSTANT Claude, Adjoint communiste au maire de Nantes, Nantes - CORBIN Philippe, Enseignant, Rezé - CORUBLE Sandrine, Enseignante, , Nantes - COUDER Anne-Marie, Psychologue, Nantes - COUDER Anne-Marie, Psychologue, Nantes - DALMAIS Dominique, Enseignante en maternelle, Nantes - DAPHNE C., Lycéenne , Nantes - DEMAI Dominique, Enseignante en maternelle, Nantes - DUBACQ Philippe, Conseiller Principal d’Education, Saint-Nazaire - FOUCAUT Nathalie, Travailleuse sociale, Nantes - GILLET Lucie, Prof d’école, Nantes - GOURNELEN Cyril, Enseignant, Nantes - HURICHE Emeline, Travailleuse sociale mairie, Nantes - LARTILLERIE Natacha, Travailleuse sociale mairie, Nantes - LE PENEVEN Katrine, Machecoul - LEFEVRE Emmanuelle, Enseignante, Nantes - LEGAL Jean, Enseignant, ICEM 44 pédagogie Freinet, Nantes - LEROUX François-Xavier, Educateur, Cadre socio-éducatif en l’IME, Saint-Nazaire - MAHE Jean-Luc, Psychanalyste, Saint-Nazaire - MERCERON Claudine, Comédienne metteuse en scène, Nantes - MESANGE Jean , Psychologue, Nantes - MOREAU Jean-Jacques, Conseiller municipal communiste, Nantes - MOURLEVAT Sophie, Animatrice, Nantes - PAQUET Viviane, Saint- Nazaire - PELE Annette, Infirmière, Nantes - POTIN Jeanne, Professeur d’école maternelle retraitée, déléguée départementale groupe Freinet 44 , Campbon - QUELARD joël, Enseignant, Saint-Nazaire - RIAUTE Nathalie , Travailleuse sociale mairie, Nantes - RICA Michel, Conseiller municipal et secrétaire départemental du PCF, Nantes - RITZ Martine, Costumière, militante Cgt spectacle, LDH, PCF, Nantes - SOULODRE Céline, Enseignante, Saint-Nazaire - VANTORRE Michèle, Travailleuse sociale mairie, Nantes - WEIL Jacqueline, Présidente d’Honneur de la section nantaise de la Ligue des Droits de l’Homme, Nantes .
2) Autres dépa rtements
ABRAHAM anne-laure - BERNARD Alain C, Cadre commercial, amis de l’Egalité, Blois (41) - BIRCKEL Lou, Etudiante, militante LCR (54) - BLOIS Alexandra - BOCQUET Stéphane, Educateur spécialisé, Conseil Général de Seine et Marne, Meaux (94) - BOURRELY Sylvie, Institutrice SNUIPP, (83) - BRULEFERT caroline, Educatrice spécialisée, Toulouse (31) - BRUN Pascal, Adjoint administratif, VAR (83) - BURGEL Emilie, Etudiante - CHABRUN Catherine, Enseignante et militante de l’ICEM - Pédagogie Freinet - CHAMBAT Grégory, Enseignant CNT éducation, membre du comité de rédaction de N’Autre école, Mantes-la-Ville (78), - CHILARD Solène, collégienne, St jean du Gard (30) - COLLARD Pierre-Marie, Enseignant retraité, Les Adrets (83) - COLPART Luc,, Professeur d’histoire - COUPPEY Marie-Jeanne, Enseignante, Fontenay sous bois (94) - DELAMARE aimée - DELEFOSSE Jean-Marie, Professeur émérite en sciences du langage, Cricqueboeuf (14) - DERIOT Daniel , Travailleur Social Responsable associatif, Chalons S/S (71) - DESAUTELS Nicole, Syndicaliste retraitée , Toulon (83) - DIAFERIA VICTOR, Enseignant, Dijon (23) - DROUET Edith - DUFRECHOU Christian, - DUPONT Jean-Louis, Enseignant, Saintes - FIQUET Claire, Militante CEMEA, FCPE, Cadre collectivité territoriale chargée de mission politique éducative, Gennevillier (92) - GARDERE Muriel, Enseignante, Paris (75) - GAUVAIN jerome - GEROLAMI Marie-Noëlle, Psychologue et formatrice auprès de travailleurs sociaux, Paris (75011) - GUILBON Noëlle, Professeure , 93 - HUCK Louis , Lycéen - HUGUIN Angélique, Strasbourg (67) - JOSSE philippe, Encadrant technique de chantier d’insertion retraité - JOUSMET Raymond, Enseignant, La Rochelle (17) - L’HOUSS Thamed - LANAU jonathan - LE PORHO Gaëtan, Enseignant, CNT-FTE - LECOMTE Sophie, Educatrice spécialisée, CGT, collectif 76 des salariés du secteur social et médico social, Rouen (76) - LEFEBVRE Enguerran, Lycéen option cinéma - LEGER Catherine, Assistante sociale / Enseignante , 93 - LINDER Stéphane - MAILFERT Maryse, Institutrice, CNT 54 - MARCHAL Janine, Enseignante retraitée - MARGUET Sébastien, Enseignant, CNT-STE, 93 - MEIRIEU Philippe, Professeur à l’université de Lyon, (69) - MENARD Anaïs, Moniteur éducateur en formation, Toulouse (31) - MENEZ Maryvonne, Enseignante- chercheuseformatrice , Deneuvre (54) - MICHENEAU gilles - MIRGUET Jean-Louis, Retraité Education Nationale - MISTRAL Mathilde, Lycéenne , Grenoble, (38) - NAILI Mehdi, Professeur de FLE, Pécs (Hongrie) - NASSOY Yannick, Enseignant, Toulouse (31) - PAGÈS Adèle, Lycéenne en théâtre, Alès (30) - PAGES Robin - PAULDI VINCENZO Eliane, Enseignante syndicaliste, Trois Rivière (97) - PIQUE Guy, Sotteville-lès-Rouen, (76) - RAUNET Jocelyne, institutrice, Soissons (02) - RIALLAND christelle, Aide soignante, Angers (49 - SALMON Françoise, Enseignante, Paris (75) - SCHOCH Fabrice, Enseignant - SITHIMOLADA Thibault, Apprenti cinéaste, Grenoble (38) - TACONET Elvire, Travailleur socio médical - TARRADE Céline, Professeur, Muret (31) - THIBAUT Geiler - VERMES René, Paris (75) - VINAY Olivier, Enseignant, élu Emancipation au Bureau Fédéral national de la FSU, (93) - VIOLET Renaud, Enseignant, Strasbourg (67) - ZAPATERO virginie
Signatures collectives : CNT FTE (Confédération nationale du Travail - Fédération des travailleurs de l’Education) • HACKTIVISMES - collectif - Bordeaux (33) • IDEM 44 - Pédagogie Freinet • GASPROM - Asti de Nantes •