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Rafles de prostituées, lettre au Préfet
vendredi 7 janvier 2005

Otages d’une politique exemplaire

Suite à leur arrestation le 23 novembre 2004 et un jugement les condamnant à 1mois d’emprisonnement avec sursis pour délit de racolage, 6 jeunes femmes d’origine étrangère, âgées de 18 à 25 ans se retrouvent prises en otage par une machine judiciaire décidée sans doute à faire de cette « affaire », un cas exemplaire.

Otages d’une politique exemplaire

Suite à leur arrestation le 23 novembre 2004 et un jugement les condamnant à 1mois d’emprisonnement avec sursis pour délit de racolage, 6 jeunes femmes d’origine étrangère, âgées de 18 à 25 ans se retrouvent prises en otage par une machine judiciaire décidée sans doute à faire de cette « affaire », un cas exemplaire.

En effet, sans aucune source de revenu et ne voulant pas prendre le risque de se re-prostituer sur la rue, ces jeunes femmes pensaient pouvoir récupérer légalement leur passeport à l’issue du procès pour rentrer dans leur pays, mais en vain.

Suite à leur condamnation, le parquet, estimant que la peine à laquelle elles avaient été condamnées était insuffisante, décidait de faire appel, les contraignant à demeurer sur le territoire français jusqu’au jugement, en conservant leur passeport.

Aujourd’hui, ces jeunes femmes sollicitent les associations d’aide aux personnes prostituées - l’Amicale Du Nid, Grisélidis - pour obtenir un soutien moral et juridique, les moyens de communiquer avec leur famille, un hébergement, de la nourriture.....

Ces associations ne disposent pas des moyens financiers suffisants pour prendre en charge la situation de ces personnes et ne peuvent faire face, à elles seules, aux conséquences de ces vagues d’arrestations. Ces mesures nuisent et fragilisent encore plus ces jeunes femmes, sans pour autant inquiéter les réseaux mafieux...

Des associations caritatives et humanitaires - l’Entraide Protestante, Emmaüs, le Secours Populaire et le Secours Catholique - apportent un soutien financier pour répondre au problème d’hébergement de ces femmes.

La souffrance de ces personnes se manifeste chaque jour davantage, avec l’idée qu’elles passeront les fêtes loin de leurs enfants, restés au pays.

La détresse psychologique de ces jeunes femmes, où se mêle incompréhension et sentiment de persécution, est insoutenable ...aussi, nous dénonçons une logique judiciaire qui s’acharne sur des femmes qui cherchaient seulement à sortir de la misère sans vouloir nuire à personne.

La punition qui leur est infligée est, d’ores et déjà, sans aucune mesure avec les actes qui leurs sont reprochés.

Nous demandons que leurs passeports leur soient restitués ou que le jugement en appel ait lieu dans les plus brefs délais, pour mettre un terme à une situation de précarisation, de violence et d’exclusion, causée par notre système judiciaire.

Nous souhaitons rencontrer le Préfet dès que possible, afin de l’informer des conséquences de cette procédure sur la vie des personnes concernées.

Signataires :

Collectif Toulouse Libertés, Collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des Femmes, Amicale du Nid, Grisélidis, Mouvement le Cri, Ligue des Droits de l’Homme, Mix-cité 31, MRAP 31, Ras l’front,

FSU, Solidaires, Syndicat de la Magistrature

PCF, Les Verts, LCR

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