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“Si le directeur de l’usine le dit !”
mardi 21 novembre 2006, par PJCNina-CdP
La clôture de l’instruction sur l’explosion d’AZF, survenue le 21 septembre 2006, et le refus du juge d’instruction de compléter son enquête tronquée montre le refus de ce dernier de s’attaquer aux véritables responsables que sont les personnes morales Grande Paroisse, Atofina et Total...

Association Plus Jamais Ça, Ni ici ni ailleurs Croix de Pierre Communiqué du 20 novembre 2006

Le 21 septembre dernier, l’annonce de la prochaine clôture de l’instruction sur l’explosion de l’usine AZF tombait comme un coup de tonnerre. Le magistrat instructeur décidait donc de négliger les multiples pistes d’investigation ouverte par le rapport final d’expertise ; il apparaissait clairement que nous allions vers un procès tronqué, fruit d’une enquête incomplète.

Mettant à profit le délai légal avant la clôture définitive, plusieurs parties civiles et les associations qui les soutiennent demandaient au juge des actes complémentaires : expertise complète sur l’organisation du travail dans l’usine afin d’analyser les responsabilités, audition d’ouvriers ayant témoigné de la décision prise par l’industriel de ne pas effectuer les travaux d’entretien du sol du hangar 221, études sur l’utilisation du budget de 200 millions de francs que l’industriel affirme avoir consacré en 10 ans à la sécurité de l’usine.

Aujourd’hui, le juge d’instruction vient de rejeter l’ensemble de ces demandes. Il refuse toute expertise sur l’organisation du travail dans l’usine au motif que ce point est déjà largement analysé dans le dossier, alors que des pans entiers de son fonctionnement sont laissés dans l’ombre. De même, il refuse de s’intéresser au budget consacré à la sécurité de l’usine, décidant que cette question est sans rapport avec l’explosion. Enfin, la simple déclaration par l’ancien directeur d’AZF de n’être pas au courant d’une réunion qui aurait décidé de ne pas entretenir le hangar 221 suffit à décourager chez lui toute curiosité.

L’association Plus Jamais Ca Ni ni ailleurs Croix de Pierre voit ainsi se confirmer le refus d’approfondir l’enquête sur la question des responsabilités d’Atofina , branche chimie de Total et actionnaire majoritaire de Grande Paroisse, elle même propriétaire de l’usine AZF. De même sont abandonnées toutes les investigations sur la mise en danger délibérée de la vie d’autrui par les responsables du fonctionnement de l’usine, et les poursuites sur l’entrave à l’enquête.

Les parties civiles ont fait appel de ces décisions de refus. Nous verrons si la justice veut véritablement que soient recherchées les causes profondes de l’explosion, en mettant en cause les personnes morales et physiques dont les décisions ont créé les conditions de cette catastrophe.

PJCNina-CdP

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