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Toulouse, ville morte ?
jeudi 20 décembre 2007, par
FACT ! - Forum des Acteurs Culturels Toulousains.

Depuis quelques années, les attaques en direction de la culture populaire et de la tradition festive de notre cité se sont intensifiées. Depuis le Capitole, quelques élus totalement déconnectés de la réalité ont édicté des règles aberrantes qui ont dans un premier temps visé les lieux ouverts au public le soir et qui, désormais, s’attaquent également à leurs usagers. Ces règlements, qu’ils portent sur la diffusion de musique amplifiée, l’organisation de petits concerts ou la circulation des piétons et vélos, les terrasses des cafés, la consommation et la vente d’alcool le soir, vont totalement à l’encontre de ce que furent, de tous temps, les pratiques toulousaines.

La fin d’une tradition ?

La répression policière des noctambules, la suppression des terrasses, la verbalisation des vélos, la fermeture de lieux associatifs ou commerciaux, tracent les contours d’une politique anti-populaire qui ne se cache même plus. C’est l’âme espagnole et la tradition estudiantine de Toulouse, qui lui ont légué ce dynamisme et ce rayonnement culturel que beaucoup de villes lui envient. C’est tout cela qui est aujourd’hui rayé d’un trait de plume par des élus qui gèrent la ville du haut d’un donjon.

Un triste bilan.

L’année qui vient de s’écouler a été une année noire pour la culture de proximité à Toulouse. Deux bars qui organisaient des concerts ont été fermés par décision administrative : le Baratin (quartier des Minimes) et l’Entrepôt (quartier St- Sauveur). Les lieux autogérés associatifs et culturels font l’objet d’un acharnement préfectoral, à la demande de la Mairie ; et l’on peut craindre que La Chapelle, malgré le soutien de ses riverains, ne connaisse un sort semblable au Clandé, qui a été brutalement expulsé l’hiver dernier, après 12 années d’activités culturelles ininterrompues. La mise en place d’une salle de concert de moyenne importance, Le Mange-disques, a été pareillement bloquée par la Mairie, avec des arguments pour le moins contestables. La résultante en est l’absence, dans une ville de près d’un million d’habitants, de la moindre salle de concert pour les musiques actuelles. C’est désormais à Ramonville ou Tournefeuille que la culture locale va chercher refuge (Le Bikini reconstruit, le Phare, l’Usine, les Marins d’eau douce, etc.). Il ne sert à rien de dépenser des millions pour prétendre devenir une capitale culturelle européenne alors que l’on assume péniblement le statut de capitale culturelle locale.

Pourquoi cette politique mortifère ?

Les conseillers municipaux qui mènent cette charge, outre leur mépris pour la culture populaire, sont motivés par des considérations électoralistes à court terme. Ils estiment que les quelques riverains mécontents, regroupés en association au ton souvent réactionnaire, pèsent plus dans la balance électorale que la somme de nos attentes, que notre envie de vivre à l’heure espagnole, que notre refus d’une culture uniformisée, formatée par la société de consommation, et qui n’aurait comme relais que la télévision et de grandes salles de concert aseptisées. En un sens, ils n’ont pas tout à fait tort, puisque bon nombre d’habitants ne votent pas, ne votent plus, ou votent ailleurs.

Je vote où je vis.

Face à cette politique, les municipales de mars 2008 offriront un dernier recours à ceux qui refusent le fatalisme, ainsi que la fin conjointe de la culture populaire toulousaine et de la force festive de nos traditions. Nous appelons notamment les étudiants à s’inscrire sur les listes électorales à Toulouse : puisque c’est là que vous vivez, et parce que c’est là que vos voix et celles de vos amis, peuvent faire la différence sur ces questions qui traduisent un changement en profondeur. Pour faire entendre vos choix, pour les défendre, vous devez vous inscrire, ou vérifier votre inscription, avant le 31 décembre de cette année. Le futur de Toulouse ne se redessinera pas sans vous, sans nous.

FACT ! - Forum des Acteurs Culturels Toulousains.

Le forum fédère les groupes musicaux, les collectifs culturels, les artistes, les lieux de diffusion alternatifs et indépendants de la scène toulousaine.

Contact : fact.tlse@gmail.com.

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Commentaire n°315
82.66.78.149
Toulouse, ville morte ?, posté le 9 janvier 2008 à 09h33
Petites précisions : en plus du Baratin et de l’Entrepôt, on peut citer comme lieux de concerts récemment fermés à cause du voisinage le Fantomas (quartier St Aubin) et le Salon Bocal (local associatif dans une cave, rue Tripière), et bien sûr il doit encore y en avoir d’autres... Ensuite, les voisins n’ont absolument pas besoin de se regrouper en association : le Baratin a fermé à cause de son unique voisin, pour le Fantomas il s’agissait du locataire du dessus, qui avait pourtant été prévenu par l’agence qu’il y avait des concerts en dessous lorsqu’il a visité l’appartement, quant au Salon Bocal la voisine appelait les flics en se plaignant du bruit même le lundi, jour de fermeture du local, et ceux-ci venus verbaliser se retrouvaient devant une grille baissée et personne à l’intérieur ! Auparavant elle habitait place St Pierre et se plaignait également du bruit du bar en dessous, mais quand il s’agit d’un bar de rugbymen, là par contre, ce n’est pas le voisin qui gagne la guerre...
Commentaire n°314
82.127.100.14
Toulouse, ville morte ?, posté le 8 janvier 2008 à 15h48
Merci de m’avoir envoyé votre mail je fait immédiatement une mailling list de tous mes contact avec cette pages jointe !
Commentaire n°311
82.234.42.220
Toulouse, ville morte ?, posté le 4 janvier 2008 à 19h34

Tout à fait d’accord avec vous et vraiment partant pour les choses changent à l’orée des municipales.

Par contre, votre adresse mail ne semble plus valide : pas cool pour s’organiser :(

Commentaire n°307
83.145.122.163
Toulouse, ville morte ?, posté le 21 décembre 2007 à 10h42
Trés bien votre première partie ! Mais n’êtes-vous pas génés de faire croire que la réponse se joue dans les urnes ? une ville vivante, soucieuse de ses habitants, les respectant et les comptant tous comme habitant, voilà une question d’actualité. pourquoi réduire le débat à "voter ou ne pas voter" ? n’est-se pas là rendre un peu plus impuissant chaque habitant de la ville ? pourquoi ne pas poser aussi la question des "murs" qui se mettent en place entre le centre-ville et les quartiers populaires ? comment briser, franchir ces murs ?...