
Communiqué commun FIDH/LDH
Avec les organisations membres de la FIDH signataires
Une famille, ce n’est pas le résultat de tests ADN
Paris, le 14 septembre 2007 - Le Parlement français examine un nouveau projet de loi destinée à restreindre encore une fois le regroupement familial. Après lobligation de lapprentissage du français, voici que des députés prétendent « proposer » des tests ADN pour sassurer de la filiation des enfants. Chacun sait quen fait, ces tests seront imposés.
La volonté de pallier labsence de documents détat civil ou la fraude travestit la réalité quotidienne que les étrangers candidats au regroupement familial vivent. Dans les faits, les consulats vérifient quotidiennement les documents qui leurs sont produits, nhésitent pas à les remettre en cause, à en demander de supplémentaires voire à prendre prétexte dune perte pour les solliciter à nouveau. Cest ainsi que certaines personnes attendent depuis des années des visas quils sont en droit dobtenir sous couvert dun arbitraire de plus en plus systématique.
Imposer aux étrangers, ayant le droit de sétablir en France pour tout simplement vivre une vie de famille normale, un test ADN, cest non seulement renforcer larbitraire (et le coût déjà exorbitant des formalités) mais cest admettre que les étrangers et leurs familles nont pas les mêmes droits fondamentaux que les Français.
La France interdit, en effet, hors décision de justice ou besoins médicaux, de procéder à de tels tests tout simplement parce quelle considère, à juste titre, que la définition de la famille ne se borne pas au lien biologique.
Réduire la filiation au seul lien biologique, cest non seulement appliquer un traitement discriminatoire aux étrangers mais cest aussi nier quune famille, ce sont des liens dune autre nature que ceux du sang.
En décidant dimposer un tel test aux étrangers, le législateur français nie lhistoire personnelle de chacun.
Cest lhumanité dhommes, de femmes et denfants qui est déniée en la réduisant à une chaîne de molécules.
Nous voulons affirmer solennellement que, venant après de multiples mesures restrictives et vexatoires, après les propos insultants tenus à Dakar par le président de la République française, nous ressentons cet amendement de la majorité des députés français comme une injure faite à notre identité humaine.
Nous nacceptons pas que la France institue ainsi une xénophobie d’Etat.
Organisations membres de la FIDH signataires
Organisation Marocaine des droits humains (OMDH)
Ligue Tunisienne des droits de l’Homme (LTDH)
Association Nigérienne des droits de l’Homme (Niger)
Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des droits de l’Homme (Tchad)
Ligue Tchadienne des droits de l’Homme (Tchad)
Association Malienne des droits de l’Homme (Mali)
Union Interafricaine des droits de l’Homme
Association Mauritanienne des droits de l’Homme (mauritanie)
Mouvement Ivoirien des droits de l’Homme (Côte d’ivoire)
Ligue Ivoirienne de défense des droits de l’Homme (Côte d’ivoire)
Organisation Guinéenne des droits de l’Homme (Guinée)
Organisation Nationale des droits de l’Homme (Sénégal)
Rassemblement Africain pour la défense des droits de l’Homme (Sénégal)
Ligue des Electeur (RDC)
Groupe Lotus (RDC)
ASADHO (RDC)
Maison des droits de l’Homme (Cameroun)